Projet d’appui à la transition agro écologique dans la région de l’Est du Burkina Faso (PATEB)

Contexte: 

Burkina Faso : Région de l’Est, province de la Tapoa

L’agriculture occupe au Burkina Faso 80% de la population active et est dominée par les exploitations familiales. Malgré les efforts fournis par le gouvernement en matière de subvention des intrants (engrais notamment) et d’appui aux développement de certaines filières de rente comme le coton, les performances du secteur agricole sont restées en-deçà des besoins de consommation de plus en plus croissants d’une population en augmentation, et du fait de la persistance de certains facteurs (dépendance de l'agriculture aux aléas, faible intensification et diversification de la production et de la durabilité du système agricole, etc.). La Région de l’Est du Burkina ne fait pas exception et fait partie de l’une des régions ayant des risques agricoles élevés (FAO, 2016). La population de cette région, majoritairement autochtone, est estimée en 2018 à 1,78 millions et la Tapoa (2ème province la plus peuplée de la région) comprend 506 868 personnes dont 39% sont très pauvres et pauvres.
Malgré des conditions naturelles relativement favorables, l’agriculture de la province reste peu performante. En effet, le système de production végétale est à base de céréales (sorgho, mil, maïs, riz) qui occupent plus de 70% des surfaces emblavées annuellement et faiblement intégré à l’agriculture et peu intensif. C’est une agriculture de type pluvial, pratiquée en monoculture, extensive et dominée par de petites exploitations familiales.
Les entretiens menées avec les acteurs clés de la province et les constats de terrain, mettent en évidence d’autres pratiques agricoles inadéquates et des faiblesses qui menacent les systèmes de productions et la santé des populations : utilisation abusive et incontrôlée des pesticides chimiques notamment ceux prohibés ; utilisation des herbicides à la place des travaux de labour du sol et méconnaissance des producteurs sur leurs effets néfastes et sur l’écosystème ; méconnaissance des cadres législatifs et règlementaires sur la gestion des pesticides, la protection des végétaux et le contrôle des engrais par certaines autorités locales ; persistance et/ou l’apparition de nouveaux ravageurs des cultures ; faible niveau de formation des producteurs et de maîtrise des itinéraires de production ; etc. En outre, le faible fonctionnement constaté des organisations des producteurs et des organisations de gestion local du développement, ne favorise pas la mise en oeuvre d’approche collective de protection et de gestion durable des ressources naturelles.
Face à ces facteurs qui impactent plus négativement les petites exploitations agricoles qui ne disposent pas de moyens et de capacités pour faire face aux enjeux liés à la sécurité alimentaire et la gestion durable des ressources naturelles, il est impératif d’explorer des trajectoires alternatives pouvant concilier productivité avec sécurisation de la ressource, régénération des écosystèmes, sécurité alimentaire et équité sociale. L’agroécologie constitue cette alternative et s’inscrit dans la dynamique du nécessaire changement de paradigme de l'agriculture conventionnelle vers ce système de production reconnu dans plusieurs évaluations internationales (IPES-FOOD, 2018). Son adoption nécessite pour les producteurs, de transformer leur itinéraire technique, ce qui représente un risque pour eux et d’autres acteurs (gouvernants, partenaires financiers) qu’ils ne sont pas prêts à prendre. Les obstacles identifiés à cette transition agro écologique, sont liés entre autres à son manque de reconnaissance de la part des acteurs (gouvernants, partenaires financiers) ; l’absence de marché rémunérateurs des produits issus et de mesures d’accompagnement ; la faiblesse des mesures d’impact et d’évidence, etc.

Objectifs: 

Objectif général 

Contribuer à la transition agro écologique pour renforcer la résilience des populations à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle dans la région de l’Est du Burkina Faso

 

Objectif spécifique 

Amélioration des conditions de l’émergence, l’adoption, et la diffusion de pratiques agro-écologiques intensives et durables dans les exploitations familiales et les terroirs villageois. 

Budget: 
305 000 Euros
Résultats attendus: 
  • Intensification des pratiques agroécologiques au sein des exploitations agricoles familiales et des écosystèmes et amélioration des performances sociales et écosystémiques ;
  • Valorisation des produits agricoles issus d’exploitations mettant en oeuvre des pratiques agroécologiques et facilitation d'accès au marché des exploitations agricoles familiales et les organisations de producteurs ; 
  • Capitalisation des bonnes pratiques agroécologiques et amélioration durable de l'adoption des actions de plaidoyer. 
Partenaires Financiers: 
Agence Française de Développement

Member Countries: