La CEDEAO renforce les capacités des acteurs du Projet régional de promotion de l’agriculture intelligente face au climat (AIC) sur l’accès aux semences améliorées

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Changements climatiques

La CEDEAO renforce les capacités des acteurs du Projet régional de promotion de l’agriculture intelligente face au climat (AIC) sur l’accès aux semences améliorées

Du 14 octobre au 05 novembre 2026, l’Agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation (ARAA) de la CEDEAO organise, une série de cinq (05) ateliers nationaux thématiques de renforcement des capacités sur l’accès aux semences améliorées au bénéfice des producteurs dans la zone d’intervention du projet financé par la Banque Ouest-africaine pour le Développement (BOAD). Ces sessions se dérouleront, respectivement à Nattitingou (Bénin), à Manga (Burkina Faso), à Tamalé (Ghana), Liboré (Niger) et à Kara (Togo) en collaboration avec les Institutions de recherche que sont : l’Institut national des recherches agricoles du Bénin (INRAB, Bénin), l’Institut de l'environnement et de recherches agricoles (INERA, Burkina Faso), CSIR-Savanna Agricultural Research Institute (SARI) (Ghana), l’Institut national de la recherche agronomique du Niger (INRAN, Niger) et l’Institut togolais de recherche agronomique (ITRA, Togo).

Ces formations thématiques sont une occasion de poser les bases pour la création future de banques de semences améliorées, d’une part et d’autre part la formation des communautés, incluant les organisations de producteurs, les cadres techniques des différentes institutions impliquées dans la vulgarisation agricole, les organisations de la société civile, aux techniques de multiplication de ces semences, tout en garantissant une meilleure appropriation des acquis. A travers ces formations qui allient à la fois les séances théoriques et pratiques, les capacités des acteurs régionaux du système semencier de la zone d’intervention du projet sur les exigences en matière de production, diffusion et multiplication des semences améliorées, sont renforcées et enrichies de nouvelles connaissances. Enfin, la tenue de ces ateliers vient renforcer et concrétiser davantage les ambitions du projet AIC-BOAD de mise en place et de développement d’une communauté des pratiques de l’agriculture intelligente face au climat dans sa zone d’intervention.

Dans la perspective d'adaptation aux défis climatiques, l'appui à l'accès aux semences améliorées vise à augmenter i) la productivité agricole, ii) la sécurité alimentaire et iii) les revenus des producteurs, notamment via la distribution de variétés certifiées. Ce soutien inclut la subvention d'intrants, la formation aux techniques de sélection et la structuration des filières semencières. En effet, les semences améliorées sont un pilier de l'agriculture intelligente face au climat (AIC). Elles permettent d’améliorer l’utilisation des variétés de cultures plus résilientes à la sécheresse, aux maladies et aux conditions climatiques extrêmes, en contribuant ainsi à l’augmentation des rendements, des revenus des agriculteurs et de la sécurité alimentaire. Les semences améliorées contribuent à réduire les pertes de cultures dues aux maladies et aux ravageurs, qui sont souvent exacerbés par les changements climatiques. Cet appui est complété par un accompagnement technique des agriculteurs, assuré par des ONG locales en charge de la mise en œuvre des sous-projets auprès des communautés et disposant d’une expertise avérée dans le domaine. Ces dernières veillent à la mise en pratique des acquis de la formation, ainsi qu’à la bonne utilisation des semences adaptées mises à la disposition des producteurs vulnérables.

Pour le coordonnateur régional du Projet AIC, M. Jacques André NDIONE, il nous rappelle « le recours aux semences améliorées et adaptées, reste l'un des leviers le plus puissant de l'adaptation aux changements climatiques. En effet, lesdites semences sont résistantes aux stress environnementaux, aux ravageurs et maladies; tolérantes à la sécheresse et aux températures élevées, à l'excès d'eau ou à la salinité et permettent de sauver les récoltes malgré des aléas climatiques imprévisibles. En général, elles sont adaptées à des cycles de croissance plus courts et participent à la sécurité des revenus des producteurs grâce à la certification de bonne qualité dont elles bénéficient, garantissant ainsi de meilleurs rendements. »

Pour rappel, l’Afrique de l’Ouest fait partie des régions du monde les plus vulnérables aux effets et impacts de la variabilité et des changements climatiques. Cette situation se confirme davantage dans toutes les régions d’intervention du projet. A titre d’exemple, dans le nord du Togo notamment dans les régions de la Kara et des Savanes où les phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes tels que les poches de sécheresse, les perturbations de la saison des pluies, les inondations dévastatrices, les vents violents, les pluies torrentielles, les vagues de chaleur, sont devenus récurrents et mettent en péril la productivité agricole, les écosystèmes ainsi que la sécurité alimentaire et la vie de milliers de ménages. Le secteur agricole de la région ouest africaine nécessite des solutions durables pour mieux faire face aux aléas climatiques à l'origine des mauvaises performances du secteur. L’accès aux semences améliorées reste une mesure essentielle pour donner aux agriculteurs les moyens d'agir, et donc pour contribuer à la souverainté alimentaire et à la création de revenus pour le secteur agricole en Afrique subsaharienne. A côté des producteurs, il y a les petites et moyennes entreprises semencières africaines qui sont souvent confrontées à un manque d'infrastructures, de financement et d'expertise, ce qui limite la production et la fourniture de semences de qualité.

Face à ce défi, la CEDEAO s’est appuyée sur sa Politique agricole (Ecowap) depuis 2005 et complétée par son programme stratégique sur la réduction de la vulnérabilité et l’adaptation aux changements climatiques, pour lancer, en juin 2015, l’Alliance ouest africaine pour l’Agriculture intelligente face au climat (AIC) ainsi que son cadre d’intervention. Depuis 2022, la CEDEAO dispose d’une Stratégie régionale climat (SRC).

Entre autres initiatives, la CEDEAO met en œuvre, en partenariat avec le CILSS, l’Alliance Bioversity International & CIAT à travers le programme AICCRA et ILRI, le Projet régional de promotion de l’Agriculture intelligente face au climat en Afrique de l’Ouest. Ce projet financé par le Fonds d'Adaptation à travers la Banque ouest africaine de développement (BOAD), est exécuté par l’ARAA, dans le cadre de l'Alliance ouest africaine de l'Agriculture intelligente face au climat. Il vise d’une part à réduire la vulnérabilité des agriculteurs et des éleveurs face à l’augmentation des risques climatiques qui entravent la sécurité alimentaire et nutritionnelle, et à renforcer la génération de revenus et la préservation des services écosystémiques dans les communautés démunies d’autre part.