img

Changements climatiques

Célébration de la journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments : la CEDEAO promeut les pratiques alimentaires sûres et saines

La communauté internationale a célébré le 7 juin 2023, la 5ème journée de la sécurité sanitaire des aliments sur le thème « les normes alimentaires sauvent des vies » en invitant chacun à faire des efforts pour adopter des pratiques alimentaires saines.

Le département aux Affaires économiques et à l’Agriculture de la Commission de la CEDEAO a mis à profit cette journée pour faire un « état des lieux de la règlementation et des enjeux pour la sécurité sanitaire des aliments en Afrique de l’Ouest et au Sahel sous le prisme des normes alimentaires et du défi de la disponibilité d’aliments sains dans l’espace CEDEAO ».

Au cours d’un webinaire ouvert au public (99 participants connectés, dont 14 étudiants master en nutrition et sécurité sanitaire des aliments), la Direction de l’Agriculture et du Développement Rural (DADR) de la CEDEAO a présenté les principales normes et règlementations régionales existantes et surtout les activités en cours en vue d’harmoniser les codes et règlements régionaux et nationaux pour la sécurité sanitaire des aliments en Afrique de l’Ouest et au Sahel. C’est aussi une activité initiée par la CEDEAO pour sensibiliser les populations car « Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), chaque année, environ 600 millions d’individus – soit près d’une personne sur dix dans le monde – tombent malades après avoir ingéré des aliments contaminés et il s’avère nécessaire d’initier et de renforcer des activités de sensibilisation et de conscientisation de la population régionale sur les enjeux de la sécurité sanitaire des alimentaire et sur les dispositions nécessaires à prendre dans les systèmes alimentaires » a souligné Septime HOUSSOU-GOE, Chargé de programme à la DADR à l’ouverture de cette rencontre au nom du Directeur Alain SY TRAORE.

Un état des lieux de la règlementation et enjeux pour la sécurité sanitaire des aliments en Afrique de l’Ouest et au Sahel a été présenté par Dr Gbemenou Joselin Benoit GNONLONFIN, Expert Sanitaire et Phytosanitaire (SPS) à la DADR. Dr GNONLONFIN a ensuite donné des perspectives dans la mise en œuvre et l’harmonisation des règlements nationales et régionales qui se résument comme suit : i) Organiser la formation dans le pays des inspecteurs sanitaires et phytosanitaires et des autorités compétentes concernées sur les guides harmonisés et la prise de décision, ii) soutenir la participation annuelle aux processus d'établissement des normes Codex sur les questions régionales prioritaires de sécurité sanitaire des aliments : contaminants, additifs alimentaires, résidus de pesticides et médicaments vétérinaires, hygiène alimentaire et contribution à l'établissement de limites/normes au sein du comité respectif du codex, soutenir la participation annuelle à la réunion du comité SPS de l'OMC à Genève pour coordonner les négociations commerciales et fournir des mises à jour sur les mesures SPS mises en œuvre, iii) soutenir la génération, gestion et utilisation de données pour l'établissement de normes régionales et internationales (exemples Gombo : résidus de pesticides (effectuer une évaluation des résidus de pesticides et générer des données à utiliser dans l'extrapolation (utilisation dans le groupement de cultures), Cacao : concentration en métalaxil dans la cacao), iv) Mise en place d'une base de données fonctionnelle à guichet unique.

Les expériences nationales du Bénin et du Ghana ont été également partagées. Les actions de sécurité sanitaire des aliments et de mise en œuvre du CODEX Alimentarius ont été présentées. Experts en nutrition et en sécurité sanitaire des aliments, étudiants, enseignants chercheurs, journalistes, acteurs du secteur privé, décideurs ont suivi les présentations et ont surtout participé aux échanges.

Au cours de cette rencontre qui était la première qu’a organisée la DADR, les acteurs et partenaires de l’ECOWAP ont été familiarisés aux enjeux et aux questions de sécurité sanitaire des aliments, ils ont eu quelques approches pour adopter des comportements idoines afin d’éviter les maladies causées par le manque d’aliments sains grâce à la sécurité sanitaire des aliments. Ils ont surtout été informés de l’existence de règlementations régionales et des normes codex dans les Etats membres de la CEDEAO.

Au regard de l’importance du sujet aux niveaux sanitaire et socio-économique, les participants ont félicité la CEDEAO pour l’initiative et suggéré de (i) poursuivre, soutenir et renforcer la participation des Etats membres de la CEDEAO et Mauritanie et Tchad a la participation au processus d’élaboration des normes internationales, ii) poursuivre et renforcer l’harmonisation des réglementations nationales et régionales, (iii) renforcer la formation qualifiante et diplômante dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments sur toute la chaîne de valeurs, (iii) renforcer les capacités des laboratoires d’analyse et de contrôle selon les normes internationales, (iv) renforcer les collaborations entre les institutions nationales et régionales.

Après cette première expérience qui a été appréciée par tous les acteurs et partenaires, la CEDEAO a pris l’engagement d’en faire une rencontre annuelle qui servira non seulement à faire le point de la mise en œuvre des actions de sécurité sanitaire des aliments dans l’espace CEDEAO mais aussi de faire des projections pour l’avenir. 

Rappelons que la tenue de ce webinaire s’inscrivait dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP) financé par la Banque mondiale et coordonné au niveau régional par la CEDEAO en collaboration avec le CILSS et le CORAF et les autres partenaires avec 7 pays bénéficiaires actuellement : le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Ghana, la Sierra Leone, le Tchad et le Togo.

À propos de la CEDEAO

La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a été créée le 28 mai 1975 à Lagos, au Nigeria, à la suite de la signature du Traité instituant l’organisation par 15 Chefs d'État et de gouvernement ouest-africains. La région de la CEDEAO s'étend sur une superficie de 5,2 millions de kilomètres carrés, et regroupe les États membres suivants : le Bénin, le Burkina Faso, le Cabo Verde, la Côte d'Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée Bissau, le Liberia, le Mali, le Niger, le Nigeria, la Sierra Leone, le Sénégal et le Togo.

Considérée comme l'un des piliers de la Communauté économique africaine, la CEDEAO a été créée dans l’objectif de promouvoir la coopération et l'intégration, dans la perspective d'une union économique de l’Afrique de l'Ouest en vue d'élever le niveau de vie de ses peuples, de maintenir et d’accroitre la stabilité économique, de renforcer les relations entre les États membres et de contribuer au progrès et au développement du continent africain.

En 2007, le Secrétariat de la CEDEAO a été transformé en une Commission dirigée par un Président, assisté d'un Vice-président et de cinq Commissaires ; des technocrates expérimentés qui sont chargés d’assurer le leadership, dans le cadre de cette nouvelle orientation. Au titre du processus de réforme, la CEDEAO met en œuvre des programmes d’importance critique et stratégique, qui visent à favoriser le renforcement de la cohésion et l'élimination progressive des obstacles à l’intégration effective de la sous-région. Ainsi, les 300 millions de citoyens de la Communauté pourront finalement s'approprier la nouvelle Vision – celle du passage d’une CEDEAO des Etats à une "CEDEAO des Peuples : Paix et prospérité pour tous" à l’horizon 2050.