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Sécurité alimentaire

Contrôle des mouches des fruits en Afrique de l’Ouest : quel bilan de la mise en œuvre du projet SYRIMAO ?

Pour consolider et mettre à l’échelle les acquis du projet de soutien au plan régional de lutte contre les mouches des fruits, notamment dans la filière mangue en Afrique de l’Ouest exécuté de 2015 à 2019, la CEDEAO met en œuvre depuis 2020 le Système Régional Innovant de contrôle des Mouches des fruits en Afrique de l’Ouest (SyRIMAO). Après cinq années de mise en œuvre dudit projet avec l’appui financier de l’Union européenne et de l’Agence française de développement, la CEDEAO réunit à Conakry (Guinée) du 27 au 29 janvier 2026, les acteurs et partenaires du secteur pour un partage des résultats, expériences et leçons apprises.


Afin de contribuer à l’amélioration des revenus des producteurs de fruits et légumes, au renforcement de la sécurité alimentaire, à la réduction de la pauvreté et à la création d’emplois, le SYRIMAO a déployé ses interventions à travers plusieurs composantes, chacune orientée vers des résultats spécifiques. Ces actions ont permis de répondre de manière cohérente aux objectifs fixés, notamment en matière de recherche-action-développement, appui aux structures nationales publiques et privées et surveillance-veille-alertes précoce.


 

En matière de recherche-action-développement Le SyRIMAO a renforcé la lutte régionale contre les mouches des fruits par le passage du centre national de spécialisation-fruits et légumes du Burkina Faso à un centre régional d’excellence, le développement et la diffusion de technologies, ainsi que la vulgarisation auprès des producteurs. Il a également permis d’identifier, d’expérimenter, de valider et de diffuser des technologies pertinentes de lutte contre les mouches de fruits au sein des communautés. Il a, par ailleurs, contribué au renforcement du fonctionnement des laboratoires nationaux, à la formation des acteurs et à l’accès des producteurs aux technologies de lutte contre les mouches de fruit.


En matière d’appui aux structures nationales de coordination Des comités nationaux ont été mis en place pour faciliter la mise en œuvre du projet en plus des nombreuses formations de renforcement des capacités nationales sur les normes et risques phytosanitaires et la consolidation de la filière mangue à travers la structuration des acteurs, la sécurisation des financements et le développement de partenariats.


 

En matière de surveillance-veille-alertes précoces Le dispositif opérationnel de collecte de données a été rendu opérationnel dans tous les Etats de la CEDEAO de même que le mécanisme de collecte et d’analyse de données. Sur la base des résultats obtenus et des défis rencontrés au cours de sa mise en œuvre, le projet SyRIMAO met en lumière des enseignements riches et porteurs d’avenir. Ces enseignements constituent un socle précieux pour orienter les futures initiatives régionales, améliorer la gouvernance des dispositifs de lutte et renforcer la durabilité des actions engagées au bénéfice des producteurs et des filières.

  • Intégration Recherche–Action-Développement : le lien établi entre recherche, expérimentation et vulgarisation a permis de transformer des résultats scientifiques en solutions pratiques, renforçant l’adoption par les producteurs des technologies de lutte contre les mouches de fruits.
  • Coordination régionale et nationale : la mise en place des Comités nationaux et du Centre Régional d’Excellence a démontré l’importance d’une gouvernance multi-niveau pour assurer la cohérence des actions.
  • Renforcement des capacités : les formations massives d’acteurs (techniciens, producteurs, inspecteurs phytosanitaires) ont amélioré la maîtrise des technologies promues par le projet
  • Structuration de la filière : l’appui aux interprofessions et aux mécanismes de financement a montré que la durabilité passe par l’appropriation des acteurs économiques.
  • Communication et visibilité : les campagnes médiatiques et outils de vulgarisation ont facilité la diffusion des acquis et accru la sensibilisation des parties prenantes.
  • Engagement des pays : l’adhésion tardive de certains pays et les retards institutionnels soulignent la nécessité d’un engagement politique fort et précoce.


Les échanges autour de ces principaux résultats au cours des trois jours à venir permettront aux acteurs de dégager des recommandations pour la pérennisation des dispositifs, l’élargissement de la couverture, le renforcement de la gouvernance et des financements, ainsi que sur la promotion continue de l’innovation et de la capitalisation des résultats.