L’Afrique de l’Ouest est caractérisée par une population jeune et mobile dont les flux migratoires sur le continent et hors de l’Afrique sont exacerbés par les insuffisances d’opportunités d’emploi, les effets des changements climatiques et de l’insécurité civile.
Avec plus de 35% de personnes âgées de 15-34 ans, la région fait face à un déficit chronique de l’emploi qui menace l’équilibre sociopolitique des États. Cette situation se traduit par un important taux de chômage parmi les jeunes, variant entre les États membres de la CEDEAO (20,5% au Sénégal et environ 33 % au Nigéria) .
Face aux conséquences liées à la prévalence du chômage et du sous-emploi au sein de la jeunesse qui conduisent à la précarité et l’extrême pauvreté, l’instabilité politique et l’émigration clandestine, la CEDEAO a inscrit la problématique de l’employabilité et de l’accompagnement à l’installation des jeunes au cœur des objectifs de sa politique régionale agricole, l’ECOWAP. Concernant l’insertion des jeunes, la vision de l’ECOWAP a explicitement intégré, la nécessité d’ « Engager une politique volontariste d’installation des jeunes agriculteurs et agricultrices et développer l’attractivité du secteur ».

Pour concrétiser cet engagement, la CEDEAO s’est dotée d’une stratégie d’appui à l’employabilité des jeunes dans le secteur agro-sylvo-pastoral et halieutique en 2019 avec un programme prioritaire d’investissement (PPI) pour la période 2020-2025. Cette stratégie vise à adresser la problématique de l’emploi des jeunes, des femmes et des hommes dans le secteur agro-sylvo-pastoral et halieutique et particulièrement dans les chaines de valeur agroalimentaires. Elle est axée sur le maintien, l’installation et l’insertion des jeunes (hommes et femmes) dans les différents maillons des chaines de valeur agricoles et agroalimentaires.
De manière concrète, il s’agit de faciliter l’insertion de 30% des jeunes (hommes et femmes) arrivant sur le marché du travail et de réduire les taux de chômage et de sous-emplois des 15-35 ans respectivement de 50 % et de 75 % d’ici à 2030.

Dans le contexte de la mise en œuvre de la stratégie régionale d’employabilité des jeunes dans le secteur ASPH, la Commission de la CEDEAO a accordé en 2023, une subvention de 1.033.991 dollars US à vingt-cinq (25) Centres dans les États membres pour appuyer la formation de 3.142 jeunes (femmes et hommes) dans divers domaines liés à l’agriculture et aux chaînes de valeur agroalimentaires. En 2024, à travers des conventions signées avec WASEOA-NOAN, le CORAF et le Centre Regional SONGHAI, une subvention globale de 2.238.000 dollars US destinée à la formation de 3.850 nouveaux jeunes dont 40% de femmes, a été allouée à vingt et un (21) Centres et instituts nationaux spécialisés dans la recherche agronomique, les innovations et formation en agroécologie et productions biologiques.
Dans cette dynamique la CEDEAO, soutenue par la Coopération suisse, met en œuvre depuis 2022, la troisième phase du programme régional d’appui aux organisations professionnelles et paysannes agricoles (PRAOP3), essentiellement axé sur le renforcement de l’employabilité et l’insertion des jeunes dans les chaînes de valeur du lait local. Ce programme s’inscrit dans la mise en œuvre du programme prioritaire d’investissements élaboré pour opérationnaliser la stratégie d’employabilité des jeunes dans le secteur agro-sylvo-pastoral et halieutique.

Le PRAOP3 est mis en œuvre par l’Agence Régionale pour l’Agriculture et l’Alimentation (ARAA), à travers 24 projets terrain répartis dans 11 pays membres (Bénin, Burkina Faso, Cap Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Guinée, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Togo) et au Tchad. Ce programme qui s’étale sur la période 2022-2027, ambitionne de contribuer à réduire l’exode rural et l’émigration incontrôlée des jeunes à travers leur insertion professionnelle dans les chaînes de valeur de la filière du lait local.
Les données consolidées issues du dispositif de suivi-évaluation du PRAOP3 révèlent, qu’à fin juin 2026 soit après 4 ans de mise en œuvre, les 24 modèles technico-économiques appuyés ont permis à plus de 20.600 jeunes de se former dans divers métiers des chaînes de valeur du lait local. En plus, ces modèles ont favorisé la création de près de 19.700 emplois directs permanents dans les différents maillons.
Par ailleurs, la contribution du PRAOP3 au développement de la filière du lait local en Afrique de l’Ouest et au Sahel se traduit également par la mise en place de 123 fermes laitières, 41 centres de collecte et 31 mini-laiteries, 324 ha de parcelles fourragères, l’insémination de 1012 vaches laitières et la construction de 34 points d’eau.Par ailleurs, la contribution du PRAOP3 au développement de la filière du lait local en Afrique de l’Ouest et au Sahel se traduit également par la mise en place de 123 fermes laitières, 41 centres de collecte et 31 mini-laiteries, 324 ha de parcelles fourragères, l’insémination de 1012 vaches laitières et la construction de 34 points d’eau. Ces réalisations ont pour effet l’accroissement de volume de lait produit au niveau de fermes ainsi que des capacités de collecte et de transformation au niveau des unités de transformation. Entre juin 2024 et juin 2026, plus de 4.025.500 litres de lait ont été collectés dont 3.965.524 litres ont été transformés.

Ces réalisations ont pour effet l’accroissement de volume de lait produit au niveau de fermes ainsi que des capacités de collecte et de transformation au niveau des unités de transformation. Entre juin 2024 et juin 2026, plus de 4.025.500 litres de lait ont été collectés dont 3.965.524 litres ont été transformés. Les résultats obtenus à travers la réalisation des 24 projets terrain indiquent qu’en investissant dans le développement chaines de valeurs agroalimentaires, l’on offre non seulement des opportunités aux jeunes pour renforcer leur employabilité, mais aussi de contribuer à la transformation des systèmes alimentaires et à l’émergence des générations d’entrepreneurs et de la main-œuvre agricoles qualifiés.
Ces résultats renforcent la contribution du PRAOP3 à l’objectif régional d’amélioration de l’accès des jeunes femmes et hommes à des opportunités économiques dans les secteurs agrosylvopastoral et halieutique.
Cependant, ils révèlent que pour attirer et maintenir les jeunes dans les systèmes agroalimentaires, il est indispensable de les accompagner avec des politiques et programmes qui favorisent leur renforcement de capacités aussi bien dans la production que dans la transformation des produits agricoles ainsi que leur accès au foncier, aux financements/crédit à des taux adaptés, leur l’accès au marché qui leur garantissent des prix de vente rémunérateurs.
PRAOP3
Découvrez la fiche de projet